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Le documentaire qui a valu le Black Pearl Award dans sa catégorie à la 9ème édition du Festival Cinématographique du Moyen Orient d’Abu Dhabi sera projeté dans nos salles commerciales à partir du 15 mars courant à Africart (Tunis), Hannibal (Al-Manar), l’Alhambra (La Marsa) et à la Maison de Culture de Zarzis.

Autre titre du film : Zarzis, ici et maintenant Titre anglais : Being Here Réalisateur : Mohamed ZRAN Acteurs: Tahar Zran, Simon Haddad, Hadi Boufalga, Begacem Daoui, Fatma Bent Garaa, Bachir Chalby Date de création : 2009 Production : Sangho Films Durée : 124' Genre : politique Type : documentaire Site web : http://www.mohamedzran.com/bande-annonce.php
Derrière le comptoir de sa boutique, Simon, un épicier de confession "juive", est depuis toujours, le confident, le guérisseur, et la mémoire des habitants de Zarzis, une petite ville du sud-est Tunisien. Dans sa boutique, une galerie de portraits se croise; Tahar l'instituteur progressiste ; Hadi le peintre maudit ; Fatma la marieuse ; Béchir le chauffeur de taxi… Tour à tour, l'épicerie se transforme en tribune politique, philosophique, où chacun donne sa vision du monde.
Notes d'intention
Ce film documentaire de création a pour objectif de cerner, à partir de la réalité d'une ville moyenne comme Zarzis, les mutations et les bouleversements profonds que les sociétés du Sud sont en train de vivre sous l'effet de plusieurs facteurs aussi bien endogènes qu'exogènes. Notre démarche consiste à montrer, par le biais d'une galerie de portraits, que ces mutations sont vécues comme un face à face entre tradition et modernité, entre ceux qui, tout en étant ouverts au dialogue avec l'Autre, demeurent jalousement attachés à leur racine identitaire et culturelle locale ; et ceux qui s'appliquent à garder le visage tourné exclusivement vers la modernité ou au contraire vers des chimères fondamentalistes, d'où les tentations à l'émigration clandestine, l'endoctrinement islamiste et les désespérées réactions suicidaires
C'est Simon, le "célèbre" droguiste, de confession juive qui incarne l'attachement infaillible à la mémoire collective locale. C'est un essaim de jeunes fragilisés par ces mutations qui illustrent la deuxième voie. Ce face à face trouve souvent dans le magasin de Simon, lieu de croisement et de rencontre entre tous les protagonistes, l'occasion propice d'échanger leurs points de vue ou de confier leurs intimes secrets.
Autour de Simon se meut une constellation de portraits : Tahar, mon frère l'instituteur, le progressiste qui s'enflamme joyeusement à commenter la situation dans le monde et à énumérer les maux qui rongent l'homme d'aujourd'hui victime de la mondialisation ; Hadi, le peintre maudit expulsé de France, Fatma, la marieuse qui ne chôme jamais, en hiver comme en été, toujours sollicitée à glaner les secrets des familles et à jouer la médiatrice, l'entremetteuse, la messagère ; Bachir, le chauffeur de taxi, homme jovial et serviable, ami de tout le monde… Ces hommes et ces femmes fréquentent tous le magasin de Simon, pour s'approvisionner en produits multiples et aussi pour discuter entre eux et parler d'eux-mêmes, de leur ville et du monde.
Mohamed ZRAN |